Vendredi 12 janvier, le premier ministre nippon Shinzo Abe s'est entretenu avec Jacques Chirac, à Paris, à l'issue d'une tournée européenne qui constitue une inflexion dans les options diplomatiques du Japon. A Berlin, Londres, Bruxelles et Paris, M. Abe, qui cherche à dégager son pays des inhibitions du pacifisme l'après-guerre, a expliqué que Tokyo était prêt à s'impliquer davantage dans les affaires mondiales. Le point d'orgue de cette tournée inédite aura été sa visite, vendredi, au siège de l'OTAN, à Bruxelles, où il a exprimé la volonté du Japon de renforcer sa « coopération » avec l'organisation militaire. A chacune de ses rencontres avec les dirigeants européens, M. Abe s'est fait le héraut de la défense des « valeurs communes » de la démocratie et des droits de l'homme. Son objectif est d'imposer le Japon comme le partenaire naturel de l'Europe en Asie, à l'heure où la crise nucléaire nord-coréenne et la montée en puissance de la Chine suscitent des inquiétudes dans l'Archipel.
Article paru dans le journal Le Monde le 14 Janvier 2007